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Le blog de l'emploi en documentation

03-07-06

Profession : Journaliste

La rubrique Conseils de pro contient également un article de Delphine Daniel, conseil en recrutement (Lire)

Le témoignage d'Elise Mark-Walter, journaliste professionnelle


Cet article sera prochainement lié avec une
formation gratuite en ligne (l'écriture journalistique).

Proposer des piges à un journal est à votre portée. Elise Mark-Walter nous explique...
Lire le blog d'Elise Mark-Walter

Je suis arrivée au métier de journaliste à la fois par vocation et par hasard. Je n'ai pas suivi d'école de journalisme, mais une agrégation de lettres modernes, puis des postes de consultante en ingénierie sociale et de consultante en communication ; là aussi par opportunité, réseau et goût. Ce qui prouve que le métier de journaliste est encore aujourd'hui ouvert à une pluralité de parcours. C'est presque en changeant de région que j'ai changé de métier et que j'ai pu me tourner par le biais des piges vers un métier qui m'avait toujours attirée, le journalisme. Un métier ambitieux, surtout quand il est connecté avec l'actualité la plus saillante, nationale et internationale, aux prises avec l'économie, la politique et la culture. L'objectivité que l'on demande à un journaliste n'est pas une évidence mais plutôt le fil du rasoir ou le fil de l'horizon. La PQR (presse quotidienne régionale), la presse de divertissement, la presse spécialisée et professionnelle et corporate, voire municipale, répondent encore à d'autre enjeux, allant de la vulgarisation scientifique, du besoin de divertir à celui de renouveler une information technique ciblée ou encore de participer à une cohésion locale. Enfin, être journaliste pour la presse écrite, ce n'est pas tout à fait le même métier que le journalisme radio et audiovisuel. La prese écrite est également multiple en fonction du format de parution et du secteur et du lectorat visés. Bref, le métier de journaliste est lui-même pluriel et fédéré par un seul verbe : informer. A chaque fois, être synthétique est une obligation. Une dernière chose, ce qui distingue le journaliste-rédacteur du rédacteur, c'est que contrairement au rédacteur, on demande aussi à un journaliste d'aller sur le terrain recueillir son information par le biais d'interviews. C'est donc un métier qui concilie un fort rédactionnel avec un bon relationnel.

Un journaliste n'émet pas une opinion personnelle mais assemble des faits étayés. il doit toujours être capable de sourcer son information et d'en analyser le degré de pertinence. Etre objectif ne signifie cependant pas être neutre. Choisir l'angle d'un article c'est déjà, dans une certaine mesure, orienter le lecteur. Le tout est d'en être conscient et de ne jamais chercher à manipuler et dénaturer les faits.

Pour proposer des piges à des rédactions qui ne sont pas ostensiblement demandeuses, faîtes une liste des rédactions qui vous paraissent les plus probantes, c'est-à-dire les plus à mêmes d'être intéressées par votre article et envoyez-le par email au rédacteur en chef ou rédacteur en chef adjoint.

Pour postuler, si comme moi, vous ne venez pas d'une école de journalisme avec ses multiples stages (à peine rémunérés) mais qui vous permettront de vous constituer un réseau, soyez à l'affût des offres de piges qui n'exigent pas de carte de presse. Beaucoup de rédactions en effet l'exigent, car en plus d'être une reconnaissance de la profession et l'assurance que vous avez abattu le quota de travail en qualité de journaliste suffisant pour l'obtenir, la carte de presse permet aussi aux rédactions de bénéficier d'un allègement de charges.

Aujourd'hui je suis accréditée. La carte de presse permet au journaliste pigiste, c'est-à-dire au journaliste qui n'est pas salarié dans une rédaction mais peut proposer ses services et les facturer à plusieurs rédactions, de gagner en crédibilité auprès d'elles. La carte de presse ouvre également l'accès aux "salles de presse", permet d'être plus crédible en interviews mais également de bénéficier d'un accès gratuit à tous les musées au titre de journaliste professionnel ainsi que d'un abattement sur la feuille d'impôts.

Pour en savoir plus sur ses conditions d'obtention, je vous invite à cliquer sur le site de la Commision : http://www.ccijp.net/

La rémunération d'une pige moyenne (presse professionnelle et grand public) se situe entre 60 et 65 euros brut la page. Il faut savoir que le nombre de caractères de ce qu'une Rédaction considère comme 1 "page" varie. Les unités de mesure ne sont pas aussi fixes qu'en mathématiques et cela donne lieu à des abus. Cette rémunération au poids plutôt qu'à la qualité pose également problème.

Cependant le prix d'une page peut être tout à la fois moins élevé que plus élevé. Voire beaucoup beaucoup plus élevé. Je peux donner l'exemple d'une collègue (pas le mien, dommage :)) qui, ayant proposé un article à Biba, qui fut validé, fut rémunérée à hauteur de 1000 euros la page. Il s'agissait d'une interview d'un people.

Un pigiste a intérêt à être en collaboration avec plusieurs rédactions et ne pas dépendre d'une seule. C'est un métier où l'on ne peut pas permettre de ne pas respecter ses délais mais un métier passionnant. Certains choisissent de travailler à la pige mais pour la grande majorité c'est un non-choix qui s'explique par la morosité des bénéfices et la réduction des emplois salariés que vit la presse depuis plusieurs années.

Bonne chance !

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Biblio
:
- Comment proposer des piges? Piges.org
- Réaliser un synopsis - Piges.org
- Des conseils administratifs - Piges.org
- Cyberjournalisme (conseils, sites, offres emploi)

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