16-01-07
Documentaliste indépendant
Fiche d'identité 1
Clotilde Vaissaire
CV Conseil SARL
www.cvconseil.fr , http://klog.hautetfort.com , http://cf2id.over-blog.com
Mon parcours avant d'être indépendante :
des études d'Histoire, puis un DESS en stratégie de l'information et de la documentation (Lille III). J'ai travaillé en collectivité locale, en BU, et à la CCI de Valenciennes. J'ai occupé des postes de documentaliste, responsable des ressources documentaires, chargée de veille, chargée d'études. Environ 10 années d'expérience avant de me lancer.
L'installation en tant qu'indépendant :
j'ai d'abord travaillé et peaufiné mon projet pendant 18 mois avant de démarrer (étude de marché, business plan, etc...), puis j'ai commencé en novembre 1999 en profession libérale (entreprise individuelle), à l'occasion de la signature de mes deux premiers contrats. J'ai transformé mon activité en SARL depuis 1 an. L'important est de bien choisir le statut fiscal et social qui conviennent à sa situation personnelle. J'appartiens au groupe Indépendoc, sur lequel nous avons mis en ligne une FAQ qui récapitule toutes les questions que l'on se pose avant de se lancer. N'hésitez pas à la consulter : http://www.independoc.net/rubrique.php3?id_rubrique=1
Les difficultés rencontrées/anecdotes :
quand j'ai commencé à travailler sur mon projet je me suis fait accompagner par un des nombreux réseaux d'aide aux créateurs d'entreprises. Résultat : on m'a dit d'abandonner l'idée car ça ne fonctionnerait jamais...heureusement que je ne les ai pas écouté, ça fait plus de 7 ans que ça fonctionne, justement !
Autres infos :
- importance du réseau : pour moi, c'est 90% des contrats signés. C'est un métier où il faut être très relationnel.
- aimer travailler seul : être indépendant c'est surtout être très autonome
- c'est avant tout un choix de vie et il ne faut jamais choisir cette voie parce qu'on ne trouve pas de travail, au contraire. Trouver des clients toute l'année, c'est plus difficile que de trouver un employeur !
- quand on est indépendant on est non salarié, et la protection sociale (+ retraite, etc.) est inférieure à celle d'un salarié.
- en indépendant, le temps de travail est complètement différent de celui d'un salarié : les 35 heures n'existent pas. L'esprit est un peu toujours au travail, il n'y a pas de jours féries ou de congés payés, mais par contre on peut arranger son emploi du temps comme on le souhaite.
Exemples de missions :
recherches d'informations, études de marchés, dossiers documentaires, informatisation de la gestion de l'information, audit, recrutement de documentalistes, étude d'opportunité de création de centre de documentation, réalisation de produits documentaires électroniques, etc.
°°°°°°°°°°°°°°
Fiche d'identité 2
Jean-Philippe Accart
www.accart.nom.fr
Vous connaissez pour la plupart d'entre vous Jean-Philippe Accart. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez vous renseigner sur son site : www.accart.nom.fr, qui propose une mine d'informations utiles pour les documentalistes. (Vous pouvez aussi visiter : http://www.archimag.com/index.php?id=1720)
M.Accart travaille également comme indépendant.
- Pourriez-vous décrire comment vous êtes arrivé à ce métier? Avez-vous proposé vos compétences directement ou cela s'est-il fait par réseau ?
" Mon activité de consutant n'est pas celle qui me sert à vivre, elle est très épisodique. Elle est venue grâce à la notoriété, grâce aussi à mon activité d'enseignant à l'université, grâce au "Métier de documentaliste". J'ai réalisé des audits de centres de documentation, du conseil pour améliorer le travail documentaire, des formations ciblées (aux concours professionnels, aux NTIC, au KM), des thesaurus, ou la mise sur pied de dossiers de validation des acquis professionnels. J'ai été contacté pour ces activités, et il fallait un statut d'indépendant pour les assurer. J'ai aussi travaillé en collaboration avec d'autres indépendants à leur demande, ou avec l'ADBS, la SERDA entre autres. Il est certain que la notoriété joue un rôle essentiel. Cependant, être indépendant demande déjà une 1ère expérience du métier assez importante, il faut bâtir son réseau professionnel. Il faut donc du temps !
Quelques questions sur vos publications, ou plus précisément sur la manière dont vous êtes arrivé à l'écriture :
- aviez-vous le projet de publier des articles et ouvrages ? ou bien cette occasion s'est-elle présentée après vous être fait connaître ?
" Non, je n'avais pas le projet de publier, tout s'est enchainé suite à des rencontres professionnelles. Le 1er article m'a été suggéré par une amie: elle pensait que l'expérience de la mise en place d'un centre de documentation à l'hôpital pouvait intéresser d'autres documentalistes dans la même situation, ou même des cadres hospitaliers ou des directeurs. Une autre amie, journaliste à Libération m'avait dit : tu verras, tu n'arrêteras plus d'écrire ! Après, j'ai eu une démarche plus volontariste auprès des revues, toujours dans l'idée de transmettre des expériences. Le milieu de la documentation scientifique étant très dynamique, j'ai eu de plus en plus envie d'écrire, et cela ne s'est pas arrêté ! "
- si cela vient de votre notoriété, comment (et qui) vous a-t-on contacté ?
" Avec les années, le nombre de mes publications s'est beaucoup accru, et la plus grande partie de ce que j'écris maintenant vient de commandes de rédacteurs en chef. Mais je fais aussi des suggestions !!"
- si cela vient de vous, qui avez-vous contacté pour proposé vos articles/ouvrages? Aviez-vous par exemple une démarche de pigiste (pour vos articles dans Archimag p.ex) ?
"Je contacte les rédacteurs en chef que je connais pratiquement tous personnellement. Ils savent qu'ils peuvent compter sur moi, je tiens en général les délais ! Mais c'est vrai que généralement, ces publications ne sont pas rémunérées, sauf effectivement pour Archimag ou certaines revues étrangères."
°°°°°°°°°°°°°°
Fiche d'identité 3
Antoine Martin
Mail
Je suis documentaliste indépendant depuis 1998, à l'origine je n'ai aucun rapport avec ce metier, j'ai une formation de technicien agricole qui n'a pas grand chose à voir avec la documentation. Apres mon service militaire je commence à travailler en 1987, à Paris, comme employé de banque puis je suis recruté par un cabinet de propriété industrielle en 1988.
Pour ce cabinet je dois m'occuper du passage d'un système manuel de gestion de marques à un système informatique de gestion de bases de données. Le logiciel destiné à cette gestion est en cours de création au moment où j'arrive dans cette société, il sera définitivement validé trois ans plus tard.
C'est pendant cette période que je commence à apprendre le métier de documentaliste, je travaille avec tous les services du cabinet que se soient les services administratifs, secrétariat ou juridique. Je participe à la réorganisation des systèmes de classement et d'archivage. Par ailleurs je commence à effectuer divers recherches dans le cadre de mon travail, il faut se souvenir qu'à cette époque l'informatique est rudimentaire, les secrétaires tapent leur courrier à la machine, internet n'existe pas en entreprise et seul le minitel donne accès à des bases d'informations.
Je fais donc des recherches dans les centre de documentations ou les bibliothèques, sur des catalogues papiers ou des microfiches, l'accès à l'information est plus lent et une recherche à la bibliothèques nationale ou à l'Inpi prennent souvent des journées entières. Le téléphone reste aussi un des moyens le plus utilisé pour obtenir des informations.
Apres ces trois années je m'occupe dans ce cabinet de la gestion des bases de données de marques que se soit la saisie des données juridiques mais aussi les graphismes liées aux marques, la vérifications ou l'éditions de portefeuilles pour les clients. Je forme les utilisateurs du système informatique et je participe à la mise en place des procédures de gestion des bases de données. Parallèlement mon activité de recherches et d'enquêtes se spécialise de plus en plus avec l'utilisation des bases de données télématiques tel que questel qui nécessitent des formations particulière afin de connaître le « langage expert » pour pouvoir créer des scripts de recherches.
Comme souvent il arrive un moment de rupture avec mon employeur de mon coté trouvant que mon activité et les responsabilités liés ne correspondent plus à ma qualification et mon salaire; de l'autre la direction ne désirant pas changer la situation et argumentant que je ne suis pas qualifié pour ce changement.
Sur ce constat d'impasse je suis une formation de documentaliste en CIF en 1996-1997 avec l'idée de travailler en indépendant pour proposer à d'autre cabinets ou entreprises mes services. Durant cette formation j'effectue des stages en entreprise dont France 3 et plus particulièrement l'émission Thalassa. La je découvre une autre facette du métier de documentaliste, d'autre techniques de documentations et surtout la qualité des gens avec qui je travaille m'ouvrent d'autre perspectives pour me lancer en indépendant.
Ma première idée pour offrir mes services comme indépendant est articulé sur plusieurs axes, le début d'internet qui permet de travailler à distance, s'installer en province pour offrir mes services aux entreprises qui n'ont pas forcement les moyens et le temps d'effectuer tout un tas de recherches afin d'optimiser leur activité. D'autre part je me suis installé dans une ville d'où j'ai peux me rendre rapidement, grâce au TGV, chez des clients situés à Paris ou à Lyon.
Autant j'ai les connaissances nécessaires dans le domaine de la documentation autant tout ce qui concerne la gestion et le fonctionnement d'une activité en indépendant me sont étrangères.
Cet apprentissage m'a pris beaucoup de temps. Entre les démarches administratives de création d'entreprise, les stages à la chambre de commerce quasiment imposés pour valider des modules de gestion, de droit de ressources humaines, de comptabilité... J'ai cherché des financements auprès des banques et des organismes pour les créateurs d'entreprises, des locaux bref je me suis consacré à beaucoup trop de choses aux lieu de me consacrer à mon métier.
Finalement, au bout d'un an, ayant trop peu de clients et une structure surdimensionné j'ai du modifier totalement ma façon de fonctionner. Je me suis recentré sur ce que savais faire, la gestion de bases de donnée de marques et la documentation pour les médias. Pour cela je me suis installé à Nantes, j'ai changé de statut juridique, de méthodes de fonctionnement et surtout réduis autant que possible les charges liées au travail.
Actuellement je suis travailleur non salarié, mes charges professionnelles, je ne parle pas des prélèvements obligatoires comme les urssaf et autres qui sont liés uniquement aux résultats de l'activité, se réduisent à mon comptable qui est plus qu'utile, mon téléphone et internet. Tous les autres frais comme les déplacements, l'hébergement et les repas pendant les contrats sont pris en charge pour une part par mes clients.
Un autre aspect très important qu'il faut travailler c'est la construction d'un réseau professionnel, la plupart des contrats que j'ai effectué je les ai obtenus par relations soit des recommandations directes soit des personnes ayant une information utile qui permet de contacter les bons interlocuteurs.
Il ne faut pas négliger la prospection c'est un gros travail, très ingrat et coûteux, ça demande beaucoup de temps pour faire une plaquette, la valider, constituer des bases de clients potentiels. La plupart du temps il n'y a aucun retour, il faut recommencer régulièrement mais c'est le seul moyen de se faire connaître. Il faut aussi entretenir de bonnes relations avec ses anciens clients et prendre contact avec eux de temps en temps. De même avec de potentiels clients même si ces relations se résument à de simples contacts.
Actuellement je ne travaille quasiment jamais à Nantes, j'alterne les contrats entre le droit des marques et la documentation pour la télévision, je ne pense pas être encore parvenu à un juste équilibre j'ai encore des périodes sans activités un peu trop longues. Cela oblige à une gestion serrée des revenus, en revanche dans les périodes de pleine activité ce métier est vraiment enrichissant. Je rencontre des gens de qualités, je travaille pour des entreprises divers ce qui me permet de découvrir de nouveaux métier, je suis devenus incollable sur la production de Cognac. Il a aussi une part d'imprévue qui obligent à se confronter à des situations inédites, ce qui rend le travail d'autant plus intéressante. J'arrive pendant les périodes de pleine activité à organiser mon emplois du temps de façon à ne pas tomber dans la routine.
Je pense qu'avec l'expérience et le temps je vais arriver à mon but exercer un métier que j'aime dans les conditions que je souhaite cela j'ai repris mes études et je prépare un DUT Gido par une validation des acquis professionnels et la cerise sur le gâteau serait d'avoir quelque clients sur Nantes pour enfin pouvoir pleinement profiter de cette ville.
En résumé ça vaut la peine de travailler en indépendant mais il faut avoir rapidement un réseau de clients réguliers. Accepter de se déplacer et de passer du temps ailleurs que chez soi, gérer au plus prêt ses finances et travailler ses relations. Je suis vraiment content d'avoir tenté cette aventure car elle est très enrichissante, c'est souvent dur et stressant mais ça en vaut la peine.
°°°°°°°°°°°°
Vous travaillez ou avez travaillé comme indépendant?
Apportez votre témoignage sur ce blog en utilisant la fonction "commentaires" ou en envoyant un mail à poldocumentation@gmail.com
26-10-06
Parcours d'un gestionnaire de données financières
Témoignage de Nicolas Lefebvre, gestionnaire de données financières
(Lui écrire : mail)
Je travaille à la gestion de données depuis mars 2005. Auparavant, j'avais effectué quelques stages dans le milieu bancaire en tant que commercial mais je n'étais pas à l'aise car la vente ne m'intéressait pas. J'ai toujours souhaité exercer un métier en relation avec la bourse et les milieux financiers.
Une opportunité s'est présentée dans une entreprise de diffusion de données financières dans la région parisienne. Dans un premier temps, j'ai été affecté aux valeurs luxembourgeoises. Pendant une année, j'ai crée et suivi des SICAV, obligations et actions de droit luxembourgeois.
Le travail de gestionnaire de données financières est double :
- nous devons créer une valeur (type OPCVM) demandée par un client (une banque en général). Pour cela nous devons rechercher les informations dans nos sources (sous forme informatique ou papier). La création se fait dans un logiciel de base de données interne à la société.
- nous suivons ensuite la valeur et annonçons les évènements qui peuvent survenir comme un paiement de dividende ou d'intérêt, un changement de dénomination, une opération d'échange.
Le travail de recherche et d'annonce est très intéressant car nous devons anticiper et obtenir une information pertinente, éclairée et sûre. C'est cela qui fait la valeur ajoutée de notre société. Pour cela, il nous arrive de rentrer en contact direct avec les sociétés émettrices des valeurs soit par mail, soit par téléphone. C'est pour cela que la maîtrise de l'Anglais et de l'Allemand écrit et parlé a été un plus pour recueillir toutes les informations dont j'avais besoin.
Aujourd'hui, j'ai changé de série et m'occupe des valeurs scandinaves (Norvège, Suède, Finlande et Danemark) et des valeurs suisses. Le travail est différent et plus diversifié. Ce fut pour moi l'opportunité d'aller plus loin dans la collecte d'information et d'être confronté à des opérations plus complexes. En effet, sur ces pays les opérations sont plus riches : attribution gratuite de titres nouveaux, abaissement de nominal avec remboursement de capital, OPA (Offre Publique d'Achat), OPE (Offre Publique d'Échange), regroupement et division, répartitions de droits ou d'actions, souscriptions de titres nouveaux, annonces des Assemblées Générales Ordinaires et Extraordinaire, ...
Les détails de l'opération sont enregistrées dans notre base de données et le régime fiscal applicable aux résidents français est renseigné.
Il existe également au sein de la gestion de données un partie relationnelle. Celle-ci consiste en une assistance technique téléphonique auprès des clients (banques). Les questions sont diverses et nous nous devons de répondre rapidement et pertinemment. Le courant passe généralement très bien car, connaissant bien ma série, un climat de confiance s'installe.
Des précisions sur vos sources d'informations?
Je peux vous dire que les sites Internet des côtes officielles (pour ma part j'utilisais la Bourse du Luxembourg et j'utilise aujourd'hui la Bourse d'Oslo, de Copenhague, d'Helsinki, de Stockholm et la Bourse Suisse) représentent une grande partie de nos sources en ligne.
Nous attribuons pour chaque valeur une date d'alerte grâce à notre logiciel de gestion de données interne. Celle-ci est, en général, renseignée manuellement mais peut être automatisée selon le type de valeur (par exemple une alerte automatique 3 mois avant l'échéance d'une obligation ordinaire). Un fichier d'alertes est alors traité tous les jours par les gestionnaire pour apporter une information fraîche.
Sur vos clients ?
Nous avons effectivement d'autres clients que les banques. Il s'agit de sociétés de bourse, de compagnies d'assurances, de courtiers en ligne,...
Pensez-vous que votre métier évoluera? Si oui, comment?
Le métier de gestionnaire de données est amené à évoluer de plus en plus dans le domaine de la recherche de données pour apporter une informations plus pertinente, précise, pointue et le plus rapidement possible. Le gestionnaire doit aujourd'hui anticiper la demande du client et être de plus en plus réactif, attentif et rigoureux.
Vos projets personnels?
Étant originaire du Nord Pas de Calais, je souhaite retrouver un poste de gestionnaire dans cette région afin de valoriser cette expérience acquise à Paris. J'y ai développé de nombreuses qualités professionnelles et humaines qui me donnent confiance en l'avenir...
Une idée du salaire?
Le salaire d'un gestionnaire débutant oscille entre 20 et 25 k€ par an.
15-09-06
Parcours d'un documentaliste financier
Témoignage par Thiébaut Barthelmé, Documentaliste
(Lui écrire : mail1 et mail2)
J’ai 48 ans. Après un bac littéraire, et un DEUG de droit, je suis entré dans une grande banque dans l’Est de la France.
Pendant 8 ans, j’ai été employé de banque, j’ai été polyvalent pour pouvoir remplacer des collègues, particulièrement dans les activités de titres, au guichet. J’ai occupé divers postes administratifs, en contact ou non avec la clientèle. J’ai pu donc voir de l’intérieur la « banque de détail », qui s’adresse aux particuliers.
Puis j’ai été embauché et je suis resté 8 ans dans la filiale suisse de cette banque, dans un service spécialisé dans la livraison des opérations en Bourse étrangère (Back Office Bourse étranger). L’activité consiste à opérer le règlement des opérations conclues sur les marchés bousiers, à l’achat ou à la vente. Ceci m’a permis de me familiariser avec les termes et les notions utilisées dans les opérations boursières et sur les marchés financiers, ainsi qu’avec les différents produits de ces marchés. J’ai effectué de mon propre chef un bilan de compétences il y a 10 ans, ayant toujours été attiré par la documentation, et souhaitant changer d’activité.
Un licenciement intervenu moins d’un an après m’a permis de me réorienter et de faire un DUT de documentation à Strasbourg en un an. Les indemnités de l’Assedic ont été converties en indemnités qui m’ont permis de m’inscrire en année spéciale d’IUT. Après mon diplôme, l’atterrissage a été dur, car je suis resté au chômage pendant un an, les employeurs ne voyant pas le rapport entre la banque et la documentation, alors que ces deux activités peuvent être complémentaires. Il faut également reconnaître que le créneau est particulièrement étroit, et que cette double compétence ne peut s’exercer que dans des grands centres géographiques (Paris, Lyon, Strasbourg…, Bale ou Zurich en Suisse) ou dans des entreprises de la branche qui ont fait le choix financier de se payer un ou des documentalistes (banques, assurances, institutionnels). A la marge, on pourra trouver des associations professionnelles qui feront un choix identique pour des raisons stratégiques (veille, évolution réglementaire, lobbying).
J’ai pu commencer dans la documentation par le biais de l’intérim. La banque où j’avais fais mon stage professionnel m’a embauché comme documentaliste, en intérim puis en CDD pour un remplacement. Cette banque avait un centre de documentation(2,5 personnes), réservé aux collaborateurs de l’entreprise.
Malheureusement, ce centre était perçu à tort ou à raison comme la « danseuse » du PDG, problème qui se pose dans de nombreuses structures. Les activités réalisées étaient celles d’un centre de documentation standard : catalogage, cote, bulletinage, indexation de documents, saisie, gestion des dossiers thématiques, prêts d’ouvrages, abonnements, mises à jour de collections. Les collaborateurs étaient accueillis, posaient leurs questions, les documentalistes répondaient et/ou entreprenaient les recherches nécessaires. En dehors de ces activités basiques, beaucoup de recherches réglementaires ou de textes, peu de recherches approfondies sur un thème ou sur des points spécifiques.
En matière de produits documentaires, il était réalisé une revue de presse, sous deux formes, édition papier et mise en ligne sur le réseau. En matière de fonds, des dossiers thématiques, des usuels et ouvrages, et plusieurs bases de données «maison » et incompatibles entre elles, et un intranet très limité
La perception de la documentation et la défense des prés carrés des différents services, tout cela amenait les uns et les autres à se constituer leur propre documentation……
En fin de CDD, j’ai retrouvé très rapidement un CDI dans un centre de formation spécialisé en finance, en tant que documentaliste.
Raisons de l’embauche : connaissance du secteur bancaire et financier, langue anglaise pour la veille
But de l’embauche :
· Recherches rapides et immédiates avec éventuellement constitution de dossiers sur des sujets très pointus. Il s’agit de pouvoir répondre dans l’heure ou la demi-journée à une question précise posée par un client sur l’état de la réglementation sur un point précis, récupérer un rapport d’activité…. Dans un laps de temps de quelques jours, constituer un dossier sur une norme comptable, les résultats des principales banques d’investissement américaines du 1er semestre 2006 par exemple.
· Instaurer une veille sur les produits et marchés financiers, les marchés et produits dérivés, l’évolution de la réglementation financière française et étrangère, les bourses françaises et étrangères, les intervenants des marchés financiers(entreprises, autorités de tutelles, associations professionnelles etc…), les types de gestions pratiquées, la déontologie, des statistiques de marchés, etc…
L’entreprise pour des raisons financières, ne veut pas entendre parler de bases de données payantes, ni de logiciel paramétrable pour la veille. Refus de tout ce qui est payant, les logiciels gratuits sont mal vus.
Donc, tout doit être gratuit. D’où des inscriptions multiples et ininterrompues à des sites anglo-saxons qui proposent un ou deux mois gratuits d’essai pour des accès à des données, à des textes de fond ou à des bases, inscription à des sites spécialisés avec des profils et des alertes. Idem pour des journaux ou magazines français et étrangers, spécialisés ou non. Il y a un suivi régulier des sites. Dans la pratique cette partie de recherche a toujours été une partie importante de mon activité journalière, de plusieurs heures par jour.
Ces deux activités complémentaires se justifient par le coté « sur mesure » de l’entreprise, qui souhaite toujours être à jour sur des sujets pointus, par le fait que les supports ou documents fournis aux clients doivent intégrer les dernières nouveautés parues.
· Développer une base Access existante. Cette activité a été rapidement reprise par un spécialiste d’Access
· Gérer des dossiers documentaires, sous forme de classeurs, dépouiller, trier, indexer plusieurs mètres cubes de journaux et périodiques stockés. Activité récurrente, avec des volumes beaucoup plus faibles, un dépouillement quotidien de revues de presse extérieures
· Participation à la relecture et à la mise à jour de documents de formation destinés aux clients. Il s’agit de relire et surtout de remettre à jour des tableaux, des statistiques ou des graphiques qui figurent dans des supports de cours ou des documents destinés au client.
· Participation à la création d’un site – Abandonné rapidement, embauche d’un informaticien et de graphistes
Au bout de 2 à 3 ans, le poste a évolué en ce sens que les stocks ont été traités, indexés, et progressivement j’ai créé une revue de presse axée sur tous les thèmes cités plus haut, et tout ce qui est périphérique aux marchés financiers, ou ce qui peut potentiellement nous intéresser.
Parallèlement à la revue de presse, il m’a été demandé, ainsi qu’à tous les formateurs ou rédacteurs de l’entreprise de réaliser des notes ou des synthèses mensuelles sur des thèmes pour lesquels une veille existe en permanence (Bourse, Déontologie, Normes comptables, Epargne salariale…). Progressivement j’ai mis ces documents en ligne. Les documents sont accessibles sur le site de l’entreprise, et mis à disposition de stagiaires en version papier.
Avec l’accroissement de l’activité, il a fallu embaucher et former des aides documentaliste, et suivre leur activité.
Evolution professionnelle du poste
Mon métier est passé de la documentation basique à la conception et la rédaction de documents, et touche aussi à l’encadrement. L’activité est à la fois pointue par les thématiques suivies, et artisanale par les méthodes employées (veille)qui sont imposées par l’entreprise.
Mon poste a été supprimé fin août 2006.
*
J’aimerais également aborder quelques points qui me paraissent importants.
Le problème du changement de métier.
C’est un vaste sujet dont les médias et les magazines nous rebattent régulièrement les oreilles. Ceux-ci véhiculent l’idée qu’il suffit d’être passionné pour changer de métier. J’ai des doutes par rapport à cette assertion. Le choix de changer d’activité pour devenir documentaliste, et ainsi bénéficier d’une « double compétence » (terme très à la mode) est loin d’être évident. En ce qui me concerne, entre l’idée de changer et le fait de matérialiser ce changement par un travail rémunéré, il s’est passé des années (réflexion approfondie, bilan de compétence, reprise d’études, recherche d’emploi, emploi salarié). Sans compter les réticences d’employeurs qui ont peur de miser sur quelqu’un qui se lance dans un nouveau métier…
On peut également se demander pourquoi tant de gens veulent se lancer dans la documentation, alors que les débouchés sont particulièrement restreints ?
Sur la double compétence en banque-finance et documentation
De manière très caricaturale on peut dire que sans Bac + 5/6 et profil de mouton à 5 pattes, point de salut. Il suffit de se souvenir de ce consultant basé à Paris qui cherche toujours et depuis de nombreux mois deux documentalistes financiers, et ne paraît pas les trouver.
Néanmoins, au coup par coup, des banques embauchent avec des profils plus versés dans la finance ou la gestion. L’ère de l’expérience acquise « sur le tas » est révolue.
03-07-06
Profession : Journaliste
La rubrique Conseils de pro contient également un article de Delphine Daniel, conseil en recrutement (Lire)
Le témoignage d'Elise Mark-Walter, journaliste professionnelle
Cet article sera prochainement lié avec une formation gratuite en ligne (l'écriture journalistique).
Proposer des piges à un journal est à votre portée. Elise Mark-Walter nous explique...
Lire le blog d'Elise Mark-Walter
Je suis arrivée au métier de journaliste à la fois par vocation et par hasard. Je n'ai pas suivi d'école de journalisme, mais une agrégation de lettres modernes, puis des postes de consultante en ingénierie sociale et de consultante en communication ; là aussi par opportunité, réseau et goût. Ce qui prouve que le métier de journaliste est encore aujourd'hui ouvert à une pluralité de parcours. C'est presque en changeant de région que j'ai changé de métier et que j'ai pu me tourner par le biais des piges vers un métier qui m'avait toujours attirée, le journalisme. Un métier ambitieux, surtout quand il est connecté avec l'actualité la plus saillante, nationale et internationale, aux prises avec l'économie, la politique et la culture. L'objectivité que l'on demande à un journaliste n'est pas une évidence mais plutôt le fil du rasoir ou le fil de l'horizon. La PQR (presse quotidienne régionale), la presse de divertissement, la presse spécialisée et professionnelle et corporate, voire municipale, répondent encore à d'autre enjeux, allant de la vulgarisation scientifique, du besoin de divertir à celui de renouveler une information technique ciblée ou encore de participer à une cohésion locale. Enfin, être journaliste pour la presse écrite, ce n'est pas tout à fait le même métier que le journalisme radio et audiovisuel. La prese écrite est également multiple en fonction du format de parution et du secteur et du lectorat visés. Bref, le métier de journaliste est lui-même pluriel et fédéré par un seul verbe : informer. A chaque fois, être synthétique est une obligation. Une dernière chose, ce qui distingue le journaliste-rédacteur du rédacteur, c'est que contrairement au rédacteur, on demande aussi à un journaliste d'aller sur le terrain recueillir son information par le biais d'interviews. C'est donc un métier qui concilie un fort rédactionnel avec un bon relationnel.
Un journaliste n'émet pas une opinion personnelle mais assemble des faits étayés. il doit toujours être capable de sourcer son information et d'en analyser le degré de pertinence. Etre objectif ne signifie cependant pas être neutre. Choisir l'angle d'un article c'est déjà, dans une certaine mesure, orienter le lecteur. Le tout est d'en être conscient et de ne jamais chercher à manipuler et dénaturer les faits.
Pour proposer des piges à des rédactions qui ne sont pas ostensiblement demandeuses, faîtes une liste des rédactions qui vous paraissent les plus probantes, c'est-à-dire les plus à mêmes d'être intéressées par votre article et envoyez-le par email au rédacteur en chef ou rédacteur en chef adjoint.
Pour postuler, si comme moi, vous ne venez pas d'une école de journalisme avec ses multiples stages (à peine rémunérés) mais qui vous permettront de vous constituer un réseau, soyez à l'affût des offres de piges qui n'exigent pas de carte de presse. Beaucoup de rédactions en effet l'exigent, car en plus d'être une reconnaissance de la profession et l'assurance que vous avez abattu le quota de travail en qualité de journaliste suffisant pour l'obtenir, la carte de presse permet aussi aux rédactions de bénéficier d'un allègement de charges.
Aujourd'hui je suis accréditée. La carte de presse permet au journaliste pigiste, c'est-à-dire au journaliste qui n'est pas salarié dans une rédaction mais peut proposer ses services et les facturer à plusieurs rédactions, de gagner en crédibilité auprès d'elles. La carte de presse ouvre également l'accès aux "salles de presse", permet d'être plus crédible en interviews mais également de bénéficier d'un accès gratuit à tous les musées au titre de journaliste professionnel ainsi que d'un abattement sur la feuille d'impôts.
Pour en savoir plus sur ses conditions d'obtention, je vous invite à cliquer sur le site de la Commision : http://www.ccijp.net/
La rémunération d'une pige moyenne (presse professionnelle et grand public) se situe entre 60 et 65 euros brut la page. Il faut savoir que le nombre de caractères de ce qu'une Rédaction considère comme 1 "page" varie. Les unités de mesure ne sont pas aussi fixes qu'en mathématiques et cela donne lieu à des abus. Cette rémunération au poids plutôt qu'à la qualité pose également problème.
Cependant le prix d'une page peut être tout à la fois moins élevé que plus élevé. Voire beaucoup beaucoup plus élevé. Je peux donner l'exemple d'une collègue (pas le mien, dommage :)) qui, ayant proposé un article à Biba, qui fut validé, fut rémunérée à hauteur de 1000 euros la page. Il s'agissait d'une interview d'un people.
Un pigiste a intérêt à être en collaboration avec plusieurs rédactions et ne pas dépendre d'une seule. C'est un métier où l'on ne peut pas permettre de ne pas respecter ses délais mais un métier passionnant. Certains choisissent de travailler à la pige mais pour la grande majorité c'est un non-choix qui s'explique par la morosité des bénéfices et la réduction des emplois salariés que vit la presse depuis plusieurs années.
Bonne chance !
**
Biblio :
- Comment proposer des piges? Piges.org
- Réaliser un synopsis - Piges.org
- Des conseils administratifs - Piges.org
- Cyberjournalisme (conseils, sites, offres emploi)
02-07-06
Conseils d'un chargé de recrutement pour vos cv
Quatre membres du réseau ont souhaité confier leurs cv à Poldocumentation afin de recevoir les conseils. Grâce à l’analyse de Delphine DANIEL (Consultante en recrutement et évaluation - http://mavisiondesrh.blogemploi.com/ma_vision_des_rh/), nous avons pu leur transmettre des critiques et des conseils utiles. Voici quelques extraits des remarques de Delphine qui pourront vous aider à améliorer votre cv.
468 x 60
Compétences :
« Certains recruteurs n’apprécient pas la rubrique « compétences », que vous avez mise en avant sur votre CV. Il est préférable, selon eux, d’indiquer dans quel contexte vous avez acquis ces compétences. Par exemple, si vous avez géré des budgets dans le cadre d’un poste au Ministère de l’intérieur, ce n’est pas la même chose que la gestion de budget au sein d’une société privée. Surtout si vous postuler auprès d’un cabinet de recrutement, qui ont des critères précis de sélection, notamment la recherche du candidat opérationnel immédiatement.
Photo :
« Je vous conseille de ne pas mettre votre photo. En effet, à part pour les postes d’acteurs, les photos ne sont pas d’une réelle utilité. Cependant, si on vous le demande en toute lettre dans l’annonce, il est préférable de suivre les consignes. »
Expériences professionnelles
« N’oubliez pas en premier lieu d’insérer un intitulé à votre CV, afin que le recruteur sache précisément ce que vous recherchez. »
« Vous avez eu de multiples expériences professionnelles, et de courte durée, ce qui peut faire penser à certains recruteurs que vous êtes instable professionnellement. Pour contrecarrer cette impression, tentez de regrouper des missions, par exemple, celles de 2003 et 2004, en mettant « documentaliste remplaçante » au sein de deux établissements, et en précisant au dessous vos missions.
Pour le reste, je vous conseille d’enlever les mois « avril-mai » etc. mais d’indiquer de préférence la durée (4 mois…). »
« Soyez clair(e) : un recruteur va lire votre CV en 30 secondes maximum, surtout s’il reçoit énormément de candidatures. Il faut donc que les informations sautent aux yeux : Date/ Durée/ Fonction/ Etablissement et missions. Ne mettez pas toutes les missions sur la même ligne, mettez des tirets, avec une tâche par tiret. »
« Enfin, concernant votre dernier poste : vous avez mis « aide documentaliste », alors que pour des postes précédents, vous étiez documentaliste remplaçante, donc autonome normalement. Un recruteur pourrait penser que vous avez rétrogradé dans votre fonction, par manque de compétences, d’ambition, ou que sais-je encore. Valorisez-vous, un intitulé de poste reste des mots. Même si vous êtes réellement aide documentaliste, mettez en dernière fonction l’intitulé auquel vous voulez parvenir. Il ne s’agit pas de mentir, mais de valoriser son expérience. En entretien, par exemple, vous pouvez préciser que vous avez été recrutée en tant qu’aide documentaliste, mais que vos fonctions étaient davantage des fonctions d’une documentaliste à part entière puisque vous avez effectué telle et telle mission.
Les recruteurs savent bien que la personne en face tente de se valoriser. C’est normal et naturel. Par contre, ne pas se valoriser indique un manque de confiance en soi, qui fait peur au recruteur. »
« Bonne présentation, mais le CV est trop détaillé. Un CV doit donner assez d’éléments pour qu’on ait l’envie de téléphoner à la personne, et prendre un premier contact afin d’en savoir davantage sur son parcours. »
Formation :
« Tout d’abord, on recommande aux étudiants de mettre en 1er lieu leur formation. Or, vous avez terminé vos études il y a 3 ans, vous pouvez donc maintenant valoriser vos expériences professionnelles, en les mettant au premier plan. »
Informatique :
« Je reste seulement un peu frustrée de ne pas pouvoir visiter les sites que vous avez conçus. Vous pourriez peut-être inclure les adresses sur votre CV, pour qu’on puisse voir votre travail. »
« Pour la partie informatique, précisez bien l’adresse Internet de votre site, si vous en avez créé un »
« Vous évoquez, lors des différentes missions que vous avez effectuées, les logiciels sur lesquels vous avez travaillé. Vous devriez l’éliminer de cette rubrique, et l’ajouter dans la case dédiée à l’informatique. En effet, si un recruteur a comme consigne de sélectionner les gens sur ce critère, il se référera en 1er lieu à la rubrique informatique, et ne lira pas jusqu’au bout vos expériences professionnelles. »
Langues vivantes :
« Pour les langues, la manière dont vous évoquez votre niveau ne vous met pas en valeur. Ne mettez jamais ''lu, écrit, parlé'', qui attire la méfiance des recruteurs. Utilisez préférablement les termes suivants : notion- courant – bilingue- ou professionnel ou perfectible rapidement si votre niveau est moyen. Ne mentez pas, mais si vous savez parler une langue, l’anglais par exemple, même si ce n’est pas du Shakespeare, indiquez courant. J’ai vu trop de candidats ne sachant dire un seul mot, mais précisant « courant », et d’autres, parlant couramment, mais indiquant « notion », simplement parce qu’ils avaient un accent ! »
Références professionnelles :
« Je vous conseille de ne pas évoquer vos références professionnelles, vous pourrez par contre les fournir au recruteur lors de l’entretien. En effet, si le recruteur a une véritable conscience professionnelle, il se doit de demander la permission au candidat avant d’appeler des références. Il est donc inutile de le mentionner à cette étape. »
01-07-06
Quelques portraits sur d'autres sites
Marie-Claude Tresset, documentaliste audiovisuel - Lire l'interview (par SavoirsCDI)